Bon, je vais vous parler un peu de ce pays, pays cher à mes yeux…et gravé dans mon coeur.
Que dire…j’ai découvert ce pays par hasard, une destination parmi tant d’autres, et pour tout avouer, qui ne me branchait pas trop.
Alors me voilà, pour la première fois en Rép Dom, dans le sud, un hôtel All Inclusive, magnifique, une piscine géante, un bar les pieds dans l’eau…, des cocotiers, une belle plage…bref, les vacances…on pourrait dire le paradis presque.
Les vacances commencent bien, j’ai du soleil, c’est ce que je voulais…des cocotiers, des paysages magnifiques…
Dès le lendemain, je commence à parler avec les “locaux” de l’hôtel, je les trouve charmants, les serveurs, serveuses, animateurs, animatrices, réceptionnistes, tous sans exception…
Je visite un peu l’île que je ne connais pas, par le biais d’excursions…donc forcément, en touriste.
L’île de Saona, oui, très jolie, magnifique, mais ceux qui me connaissent savent que je n’aime pas me baigner, donc la visite des petites îles où il n’y a rien, ça va un peu.
Puis je fais un “safari”, en fait, d’après les TO, une façon de montrer aux touristes la RD un peu plus locale, loin des hôtels…
Je m’attache à ce que je vois, les enfants dans la montagne, je ne veux plus les quitter…mais on nous montre ce qu’on veut nous montrer et moi je veux en voir plus.
Je passe le restant du voyage à visiter les villes alentours par mes propres moyens, avec des “locaux”de l’hôtel, loin des TO.
Au moment de repartir, je suis mal, très mal, j’aime ce pays, il me fait quelque chose, je ne me vois pas ne pas y retourner.
J’ai l’impression de laisser une part de moi sur cette île…
Alors quelques mois après, me voilà repartie, avec un vol sec, pour aller chez des amis dominicains avec qui j’ai gardé contact.
J’ai vécu une vingtaine de jours comme je ne me serai jamais cru capable. Dans une maison en bois, dans un petit village loin de la plage et des grandes villes, pour la majorité des habitants, j’étais la première blanche qu’ils voyaient.
J’ai rencontré des personnes magnifiques et “riches” de l’intérieur, qui n’ont rien et qui vous donneraient tout.
Des gens qui cherchent désespérément à se sortir de la pauvreté mais qui ne se plaignent jamais de rien.
J’ai vécu sans eau courante, un seau d’eau pour laver la famille entière, avec de l’électricité quelques heures par jour seulement, pas de sanitaire… Et bien, je ne me suis jamais sentie aussi bien qu’à cet instant, qu’en partageant des moments avec ces gens qui vous donnent une grande leçon de vie.
La vie au jour le jour, chose qu’on ne sait absolument pas faire chez nous. Ils ne savent pas s’ils pourront manger le lendemain, mais le peu qu’ils ont, ils le donnent à celui qui n’a rien ce jour là.
Et cette ambiance, dans ce petit village, la musique, omniprésente en RD…bachata, merengue…. Cette musique que j’entendais du matin au soir, je ne m’en lassais jamais. Le réveil par les coqs, les chèvres devant la maison…bref, quelque chose très loin des vacances en All In, et pourtant un voyage dont je me souviendrai toute ma vie.
Ce pays, que je n’oublierai pas, m’a apporté beaucoup de choses, j’y ai appris des choses, humainement…difficile à expliquer.
Mon rêve ? Partir m’installer quelques temps en RD, y ouvrir un dispensaire, pour aider cette population qui en a besoin, y apporter nos connaissances en matière de prévention, contre les mst par exemple, mais pour un tas d’autres choses aussi….
J’aimerais surtout que chaque touriste qui pose un pied en RD sache ce qu’il y a derrière ces hôtels, entendre les gens me dire : “Oh, ils ne sont pas si pauvres que ça là bas…” alors qu’ils n’ont pas quitté leur hôtel me révolte, se dire que, parce qu’on a fait un safari avec le TO, on connait la vraie vie en RD me fait sourire, entendre que payer son voyage auprès d’un TO aide la population qui n’a pas à se plaindre, elle a le tourisme pour vivre et enrichir le pays me laisse sans voix. Les touristes qui n’imaginent pas un instant ce que peut être la vie là-bas…la corruption, les conditions de travail, une paye de misère pour des boulots qu’on ne ferait pas ici et pour nourrir une famille entière, le manque de moyens, de prévention, les cyclones qui détruisent régulièrement le peu qu’ils ont réussi à construire, les conditions insalubres dans lesquels vivent les gens…derrière tous ces hôtels qui semblent montrer un coin de paradis.
Pour résumer, poser mon pied sur le sol de cette île m’apporte un bien être que je n’ai encore jamais ressenti ailleurs…
C’est une passion pour moi, je regrette tous les jours de ne pouvoir mener mon projet à terme, je sais que je ne m’en donne pas la possibilité, sûrement pas assez de cran pour oser plaquer la vie européenne quelques temps, et puis des attaches ici qui font qu’on ne peut pas faire toujours ce qu’on veut. :$
Mais les rêves sont nécessaires pour vivre, mon rêve à moi, c’est celui là, il arrivera, je ne veux pas et je ne peux pas mettre de côté ce projet. Je devais le faire, je l’ai laissé tomber pour d’autres projets ici, en France, que je ne regrette pas mais ils ne sont malheureusement pas compatibles.
Oui la Rép dom est un pays riche, riche pour tout ce qu’il peut nous apporter, mais tellement pauvre au sens où nous nous l’entendons, seul pays à me faire cet effet, pourtant j’ai visité différents pays, mais celui ci me donne un pincement au coeur dès que je le quitte, une crampe au ventre rien que d’y penser…
Alors en attendant, on y retourne, en vacances, mais en essayent de quitter l’hôtel pour voir ma rép dom, celle qui me touche, celle qui m’appelle, celle que je ne veux pas quitter…
La liberté, c’est un des sentiments que je ressens sur ce territoire, malheureusement, on y apprend de plus en plus de problèmes d’insécurité, mais j’avoue ne pas le ressentir une fois sur place, l’inconscience peut être, je ne sais pas, mais impossible pour moi d’avoir peur de ce pays.
Les voyages s’espacent, une fois par an, ce n’est pas assez, je suis jalouse de chaque personne que je vois partir là bas, jalouse de ne pas pouvoir y poser mon pied encore une fois, rencontrer cette population qui me touche au plus profond de moi… et je suis en colère contre moi-même, en colère de ne pas oser tout plaquer pour vivre mon rêve, en colère d’avoir choisi la facilité de rester ici il y a quelques années lorsque mon départ pour plusieurs mois était prévu, en colère de ne pas aller apporter à cette population ce que j’ai, la connaissance sur certaines choses, des bases de la prévention sanitaire, de l’argent pour manger quand ils le veulent, un travail pour faire vivre leur famille et laisser les enfants faire des études.
En repensant à tout ça, je suis mal, j’ai des périodes de doutes, de colère, de haine, me demandant pourquoi je suis ici, à râler sur mes horaires, sur mes conditions de travail, parce qu’ici aussi, j’aide comme je peux tous ces petits enfants malades, mais j’ai toujours l’impression que ce n’est pas assez, qu’on ne nous laisse pas la possibilité de faire tout ce qu’on pourrait faire, je me sens bloquée, les conditions de prise en charge ne sont pas celles que j’attends dans un pays développé comme le notre, alors pourquoi je suis là, alors que je pourrai apporter mon soutien là bas, sur cette île, de l’autre côté de l’océan…
La république dominicaine, pays cher à mon cœur, loin, trop loin de moi, mais que je me refuse à oublier…pays qui m’a fait découvrir d’autres parties de moi, pays qui m’apporte tellement que je ne saurais le décrire…pays que j’aime.
